Delta Airlines, je me souviendrai longtemps de cette compagnie aérienne. C’est celle qu’a choisi la Norwegian Cruise Line pour nous transporter de Miami à Seattle. J’espère pour eux que c’est pas cher.
Levés à 3 heures de matin pour prendre le bus qui nous emmène de Fort Lauderdale à l’aéroport de Miami, on nous avait prévenu que ce serait une des journées les plus pénibles. À ce propos, je me demande s’ils ne font pas un concours des journées les plus pénibles car j’ai déjà entendu ça il n’y a pas longtemps.
Une demi-heure de bus plus tard on arrive à l’aéroport. Je me demande alors pourquoi on arrive si tôt pour un vol national. J’ai la réponse immédiate quand on demande au chauffeur de nous déposer devant la Delta, qu’il refuse nous disant qu’il n’a pas le droit, bien qu’il n’y ait aucune raison apparente car quand une demi-heure de marche plus tard, nous arrivons enfin et en sueur devant le dit comptoir, des bus, des voitures et tout ce qui roule s’y arrête. Bon, entraîné par déjà trois semaines dans ce pays où j’ai appris à respecter sans discuter toutes les règles, je me tais et fais la queue devant l’enregistrement avec mes 2 grandes valises, ma petite valise, mon vanity case, mon sac à dos, mon sac de caméscope et mon sac plastique dans lequel j’ai mis ma doudoune que les encore 30° rendent superflue.
Je sais, je cherche la mer** me direz-vous.
L’avantage c’est que je n’ai pas eu à la chercher longtemps, je l’ai trouvé tout de suite. Bon, je n’ai pas eu de mérite, c’était bien indiqué, sur un panneau juste avant le guichet. Ayant rapidement lu et traduit dans un français d’un mec qui a dormi deux heures, j’ai compris que je devais réagir rapidement si je ne voulais pas aller à Seattle à pied. Remarque, j’avais l’impression d’avoir déjà fait une bonne partie du chemin depuis la dépose minute du chauffeur de bus. Je me suis ravisé en me rappelant que ce pays est relativement grand et j’ai décidé de ruser. J’ai donc redistribué mes bagages cabine à mes collègues qui en étaient dépourvus et il ne me restait plus qu’à enregistrer mes deux valises. J’avais payé un surplus pour surcharge au départ de Paris, je m’attendais donc à devoir en faire de même ici. C’était sans compter qu’ici tout est plus, en l’occurrence moins pour le poids maximum autorisé. Si j’avais plus dormi, je m’en serais douté tout de suite, c’est logique comme raisonnement, la masse au décollage d’un avion n’étant pas extensible, ils diminuent le poids autorisé des bagages pour compenser le fait que les passagers…enfin, vous m’avez compris et puis je ne veux pas dévoiler la chute de l’histoire. C’était donc mes deux valises qui souffraient de surcharge pondérale. Quand je fis remarquer à l’hôtesse qu’une des deux n’excédait que de très peu le maximum autorisé, elle me répondit dans un anglais impeccable pour quelqu’un qui s’était levé si tôt « Très bien, dans ce cas, reprenez vos valises, reculez et répartissez mieux le poids ». Quand toujours avec un sourire, je lui demandais gentiment s’il n’était pas possible, puisque je paierai le surplus pour la plus lourde, de considérer le fait que je me trouvais du coup bien en deçà du poids global pour mes deux valises, la préposée à la collecte des fonds me répondit par un silence apposé sur une face de tronche de cake. Comprenant tout de suite la traduction qui devait ressembler à « Va te foutre ! » avec pour ceux qui peuvent lire entre les lignes qui dans ce cas précis étaient matérialisées par de vilaines rides sur son front de face de cake je le rappelle, voici les sous-titres « Et pis te plains pas ducon parce moi aller me faire foutre et bien la dernière fois que ça m’est arrivé c’était en noir et blanc, alors file-moi ton blé et dégage ! » Me disant que je n’allais pas faire 20 ans de tôle pour réparer une erreur de Dame Nature, je me délestais de 50 $ et passais mon chemin. Il ne me restait plus qu’à passer la sécurité avec mes bagages à main restants, pour enfin m’asseoir dans l’avion. Cette formalité qui ne contraint que les passagers, victimes potentielles des terroristes qu’elle épargne, est devenue banale. Bon ici, les généreux officiers qui officient nous proposent bien sûr une version menu maxi best of avec enlevage des chaussures, tiens comme à la mosquée dis donc !
Me voilà enfin dans l’avion, prêt à affronter les cinq heures de vol. Et là, une surprise m’attendait, malicieusement concoctée par ma nouvelle meilleure amie, la coquine, elle m’avait réservé la meilleure place, tout à l’arrière de l’avion, en plein milieu du rang. J’aperçus de loin ma voisine dont le visage d’ange me rassura. Au moins, je n’allais pas voyager aux côtés d’un quelconque mastodonte. Ce n’est qu’arrivé à ma rangée que j’en ai eu la confirmation : de loin, je ne voyais que le visage de ce qui était …une mastodontette, notez qu’ici le « ette » n’a pas de valeur de diminutif mais normalement de féminin. « Oh la vache ! » me suis-je murmuré tout bas dans un Normand parfait, comment c’est possible, un truc pareil ? Mais où je vais m’asseoir moi ? Normalement mon siège était le 42 E et elle, elle était assise certes rangée 42 mais elle occupait tout l’alphabet. La réponse à ma question est arrivée tout de suite, sous la forme de ce qui pouvait être son frère. Lui s’est assis à sa place, la 42D, j’ai donc trouvé ma place naturellement, entre eux deux, bien blotti, bien au chaud, comme dans un sauna, avec la sueur et tout, pas la mienne, la leur. Je ne pouvais ni bouger ni vers la droite, ni vers la gauche, j’avais tout juste un peu d’autonomie d’avant en arrière, enfin jusqu’à ce que le mec de devant ne me carre son siège dans le pif. Me voilà donc telle la sardine de Marseille bloquée par mes deux porcs. Ceci dit, j’ai jamais autant ri à un décollage, non que le comique de la situation m’enchantait, c’était leurs petits bourrelets qui me faisaient des chatouilles à cause des vibrations. Bon, comme je suis de bonne composition, j’ai tout de suite vu le côté positif, en cas d’accident, j’étais bien protégé par deux airbags latéraux, enfin deux Fatbags plutôt. Le seul petit inconvénient si on veut être pinailleur et Dieu sait si moi, à ce moment-là, je voulais vraiment y être tout entier, ailleurs, c’est que normalement dans un monde idéal, les airbags, ils ne se gonflent quand cas de besoin, alors que moi mes deux Fatbags latéraux ils sont arrivés gonflés à bloc, prêt à me péter à la gue***. Me voici dans le rôle de la saucisse du hot-dog, à ceci prêt que normalement elle est entourée de pain et non de boudin, mais bon. Le vol s’est finalement bien passé, bien enveloppé dans ma doudoune humaine entre Obélix et Casimir et lassé par si peu de sommeil, j’ai fini par m’endormir. Et là, le cauchemar, l’avion s’est écrasé ! Enfin, c’est ce que j’ai cru en me réveillant, tant le bruit et les vibrations étaient intenses. En fait non, pas du tout, c’était Obélix qui ronflait et je dois être conductible parce que tout de suite après elle fut imitée par Casimir.
On aurait dit qu’il y avait sous mon siège un téléphone en mode vibreur. Bon faut imaginer, si c’est proportionnel, leur téléphone, il doit ressembler à une cabine téléphonique donc c’est plausible. Quel massage ! C’est à ce moment-là que je me suis rendu compte de ce qu’a dû ressentir le lapin recraché par un boa et s’écriant « Ouah, quelle pipe ! »
Le problème est qu’ils n’étaient pas synchronisés et je crois qu’ils m’ont déplacé la colonne vertébrale du coup.
Enfin, nous sommes arrivés. Il y avait beaucoup de turbulences. Pour fêter ça, ma voisine a vomi, et bien je vous jure que je n’exagère pas, je ne sais pas si c’est psychologique ou quoi, mais, j’ai senti la différence !